L’ECOLE DU CHIOT

ou la méthode naturelle

 

Ci-dessus, Max à l'école des chiots

 

Vous êtes heureux, vous venez d’acquérir votre premier chiot, un très beau chiot. Il a pourtant des problèmes, il pleure la nuit. Il n’écoute pas, il court partout, il s’enfuit, il fait ses dents en détruisant ce qu’il attrape dans la maison, il fait pipi régulièrement sur la moquette bien que vous lui mettiez la tête dedans en le grondant. Lorsqu’il mange, il montre les dents si on approche, alors on ne le dérange pas. A l’extérieur, on évite de le mettre en contact avec d’autres chiens, car il est fragile.

Voilà la situation que beaucoup de maîtres rencontrent, ils sont alors désarmés devant ce petit être si mignon qui est en train de façonner son mode de vie, selon l’éducation qu’il reçoit. Ne sachant plus quoi faire, vous êtes allé voir quelques clubs de "dressage" et l'on vous a répondu : « revenez nous voir lorsque le chien aura 8 ou 9 mois ».

Educatrice dans un petit club canin alsacien, à Haguenau, je connaissais, comme tout le monde, les « bonnes vieilles méthodes ». Je suis allée, par curiosité, suivre le premier stage de M. Joseph ORTEGA à Strasbourg en JANVIER 2003.

Je suis tout de suite tombée « amoureuse » de ce nouveau concept. J’ai trouvé cette nouvelle méthode fantastique. Adaptées aux chiots de 2 à 6 mois, elle prend le relais dès que le chiot quitte l’éleveur.En effet, si les deux premiers mois de vie du chiot incombent aux éleveurs, les clubs d’utilisations ont le devoirs de prendre le relais afin de favoriser le développement harmonieux du chiot et permettre aux maîtres, qui viennent de l’acquérir, de recevoir des conseils adaptés.

Lorsqu’on assiste à une séance de l’école du chiot, la première chose qu’on remarque c’est l’aspect ludique, les maîtres s’amusent autant que leurs chiots et l’on ne détecte que des signaux de plaisir. Le terrain des écoles pour chiots ressemble beaucoup à une classe de maternelle. On y trouve des jouets, des nounours, des maisonnettes en plastiques, des toboggans, des passerelles, des pneus, des petits sauts, des rubans de couleur, des tunnels avec des bouteilles de plastiques, des balles, des bâches en plastique, des couvertures etc… C’est coloré et gai. Certains maîtres pensent que c’est un vrai parcours du combattant pour les chiots, mais sont rapidement surpris par les résultats, car le jeu favorise les apprentissages et tout est permis en apparence. Il n’y a pas de ridicule pour le maître ou d’appréhension pour le chiot. Durant les cours, des enfants jouent à côté aux ballons ou font du vélo. L’école du chiot a pour but d’éveiller le chiot, de lui ouvrir l’esprit, de lui apprendre à supporter les stress qu’il subira dans son existence. En établissant une complicité avec lui, on va le soumettre progressivement à des stimulations nombreuses et variées qui vont solliciter tous ses sens afin que plus tard il soit à l’aise dans n’importe quel milieu. On va le manipuler et lui faire connaître des individus différents (hommes, femmes, enfants, personnes déguisées ou dans des situations qui sortent de l’ordinaire). Ainsi à l’âge adulte il trouvera agréable le contact avec le vétérinaire, le juge d’exposition ou l’enfant qui vient l’embrasser dans la rue. Avec un petit groupe de chiots ont fait l’apprentissage de la ville et de l’acte citoyen qui consiste à avoir un chien bien élevé.

J’ai adopté moi-même en janvier 2004, mon Berger Blanc Suisse. Max avait 2 mois ½ lorsque j’ai appliqué la méthode naturelle. J’obtiens aujourd’hui de très bons résultats aussi bien en obéissance qu’en pistage. L’essentiel est de croire en son chien et fixer les bons comportements avec quelque chose d’agréable. Un chiot reproduira parfaitement ce qu’il aura appris si on l’associe au jeu.

En effet, on est surpris de voir que des chiots de 2 mois peuvent si vite acquérir une éducation de base, comme le rappel, la marche au pied, les positions assis, couché, debout, le rapport d’objet, etc… avec une exécution rapide, joyeuse et précise et cela avant 6 mois.

L’incompréhension entre le chiot et sa famille humaine peut mener à une tension génératrice d’anxiété qui lui fait produire des réponses inadaptées : aboiements, comportement destructeur, etc…. Lorsque la situation devient insoutenable, les propriétaires en arrivent aux décisions extrêmes : abandon, euthanasie.

Lorsqu’un chiot a la chance de fréquenter une école pour chiot, il a toutes les chances d’intégrer la vie de ses maîtres et celle de notre société dans les meilleures conditions.

L’éducation familiale du chien est un loisir, amusez-vous à avoir un chien heureux.